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Album : Pucareni   ( Toutes les images ne sont pas en marge )

Carte      Générale    Région Brasov

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Pucareni

  Un petit clic sur les images et....pensez à fermer les onglets ou les fenêtres... je ne maîtrise pas bien les liens. 

Un village comme tant d'autres...

  Ce village n'a rien de très remarquable, c'est un village comme les autres sauf...

Que c'est l'endroit idéal pour visiter Brasov et loger au calme et à un prix modeste. Que c'est sans doute un endroit rêver pour arpenter les campagnes et, qui sait, aperçevoir quelques ours en goguette.

Qu'on est à quelques encâblures de Prejmer, Bran, Sinaia, Rasnov et j'en oublie.

qu'il est le siège de l'"ARBRE DE JOIE", ce qui en fait toute l'originalité. L'Arbre de Joie est une des innombrables associations qui ont fleuri au moment où le Conducator ( Ceucescu, pas le maréchal Antonescu ) avait prétendu faire disparaître les village et rassembler leur population dans des "agrovilles" en béton. Pucareni aurait ainsi manqué être rasée.

Allez, faites moi plaisir, jetez vite un coup d'oeil à leur site : ARBRE DE JOIE , il en vaut la peine.

  Chez Stépan et Maria 

  Nous avons logé chez Stepan et Maria, des Hongrois, minorité nombreuse mais, comme toutes les minorités, vue avec une certaine défiance par les Roumains"de souche" et par le pouvoir politique. Stépan et Maria affirmaient vivre en bonne entente avec les autres roumains, leur fille,étudiante en tourisme,à la recherche d'un travail, se plaignait d'être victime d'ostracisme. Il faut se souvenir que la région a fait partie de l'Empire des Habsbourg jusqu'en 1918,  sous l'autorité de la couronne de St Étienne.
Les Hongrois ont conservé leur langue et sont protestants. Ils sont un des boucs émissaires désignés par l'extrême-droite qui leur prête l'intention de méditer quelque obscur complot pour être rattachés à la Hongrie. La Roumanie n'échappe hélas pas à la règle, elle a une extrême droit très virulente.

  Stépan travaillait dans l'industrie à Brasov comme beaucoup des habitants du secteur. Brasov était en effet une des grandes villes industrielles du pays. Depuis 1989 la plupart des usines ont fermé, et ne sont plus aujourd'hui que des carcasses de rouille et de béton.   
 Comme la plupart des ouvriers qui ont été jetés à la rue Stépan est aujourd'hui chômeur, il bricole, s'occupe de son jardin et dieu sait quoi encore. Leur gendre comme tant d'autres s'expatrie dès qu'il trouve un boulot à l'étranger, il a ainsi travaillé tout un hiver à Bordeaux ou dans ses environs. Maria fait de la sous-traitance à une minuscule échelle, elle confectionne des coiffures de fourrure selon le bon vieux système du travail à domicile. La règle veut que ce soit le mode d'exploitation le plus féroce, ça m'étonnerait que Maria y échappe.Elle utilise un outillage tout droit sorti de la main inventive de son mari.

  Stépan et Maria parlent hongrois, roumain et un peu anglais, ce n'est pas un obstacle insurmontable tant qu'on ne s'écarte pas trop du domaine de la vie quotidienne. Maria est une cuisinière distinguée, Stépan un amateur de musique, il s'accompagne d'un accordéon. Hélas, sa passion, c'est le bel canto, o sole mio, les rengaines sirupeuses des années 50. il n'a que faire de la musique populaire hongroise ou roumane. C'est pas grave, Stépan, tu chantes avec tant de conviction que nous serions des monstres de t'en vouloir.

  Leur maison est à la fois simple et vaste, ses bâtiments sont distribués autour d'une cour rectangulaire dont un des petits côtés est séparé de la rue par un portail assez rébarbatif mais à l'opposé je n'ai pas trouvé de séparation bien définie avec les voisins. Les deux grands côtés sont occupés par des bâtiments, habitation, hangars et dépendances. Le fond de la cour donne sur un verger, souvent visité par des ours, Stépan m'a montré, avec beaucoup de fierté, il me semble, les traces des griffes d'un ours particulièrement vorace.

  Nous ne savions que penser de la cuisine roumaine en arrivant, nous nous voyions ingurgiter force mamaglia entre deux brouets étouffants. Nous avons été mis dans l'ambiance dès notre arrivée. Le maître mot est "original",  tous les ingrédients  viennent de la maison, et, chez Stépan, " vitamines " . Les vitamines, selon lui, n'existent vraiment que dans toutes les boissons fermentée et mieux, distillées, fruits de sa débordante inspiration : vin, cidre et évidemment tsuica. Que vont devenir les malheureux Roumains privés par l'U.E. de cette industrie domestique ? ma tête à couper qu'ils braveront effrontémént la loi. De tous les pays ex communistes la Roumanie a  l'air de ne pas être celui où on est le plus porté sur l'éthylisme mais la tsuica c'est la tsuica, il n'y a pas à revenir là-dessus et il ferait beau voir qu'on ne puisse plus distiller les fruits du verger.

  Notre chambre, sans doute la chambre de nos hôtes, avec ses meubles au vernis brillant, ses vitrines surchargées de bibelots pas d'images pieuses, nous sommes chez des réformés mais des photos de leur mariage, le tout à la modes des années 50.

  Se doucher n'est pas une petite aventure, pas pour nous, mais pour nos hôtes qui doivent transporter des montagnes de bois et pousseer les feux sous une espèce de  samovar ? de bouilloire, de chauffe-eau confectionnée par un artisan du coin avec des tôles qui semblent avoir été enlevées à un cuirassé. N'oublions pas que la Roumanie a été communiste et que l'orgueil national se mesurait aux millions de tonnes d'acier produits chaque année. La question était de trouver quoi faire de tout cet acier.

Quelques pas dans le village.


  Nous avons fait nos premiers pas en Roumanie à Pucareni. D'abord vers l'église orthodoxe, celle des roumains, qui domine le village. Nous avons rencontré en chemin un ancien instit, distingué, baise-main, éminent francophone, qui nous a affirmé que son pays avait mauvaise réputation en France et n'a rien voulu entendre de nos dénégations. Et il a embrayé sur les Roms, cause de ladite mauvaise réputation, voleurs...et j'en passe. Ce discours nous l'entendrons bien des fois et de la même manière. Il nous a ensuite entrepris sur l'admirable tolérance dont faisaient preuve le Roumains envers les Hongrois, et sur le grand nombre de mariages mixtes. Il insistait beaucoup trop pour que   . Il est ensuite passé au colonialisme de la France. Je déplore notre passé colonial, je n'en suis pas fier mais la France n'a plus de colonies et je ne voyais plus où il voulait en venir et il me paraissait de moins en moins sympathiques. Nous nous sommes séparés avec force congratulations et nous avons continué à gravir la colline.
  Nous avons fait le tour de l'église, nous y sommes entrés, nous avons un peu fureté. La gardienne, qui vaquait au nettoyage a laissé tomber ses balais et nous a fait les honneurs des lieux et mis en route l'éclairage. Elle a ensuite tenu mordicus à nous faire monter au balcon puis du balcon jusqu'en haut du clocher malgré nos protestations. Nous n'avons pas été décus, la vue y était magnifique, sur le village, les campagnes environnantes et, au loin les montagnes ( Harghita ? ). Nous venions de faire connaissance avec l'amabilité du peuple roumain. Nous avons continué notre promenade par le temple protestant, celui des hongrois, beaucoup moins riche. A côté un cimetière, à Pucareni les Hongrois et les Roumains sont donc séparés, même dans la mort.

Nous sommes revenus le soir au milieu des troupeaux et leurs bergers, des paysans qui rentraient du travail, occasion de faire quelques photos.

LA CARAVANE AMOUREUSE.

  Nous n'allions pas manquer le passage de Marc Vella dans le village. Le site de Marc Vella  

 Petit après-midi musical. S'y sont produits, si j'ai bien compris, tous ceux qui se sentaient assez de talent pour intéresser l'assistance. C'est la première fois que je voyais un piano de concert installé dans une cour de ferme et encore avons-nous manqué le clou du spectacle que vous retrouverez ici.

 Si mes souvenirs sont bons notre hôte, Stépan y est allé de son petit air d'accordéon. Un petit regret, nous espérions que des artistes locaux interviendraient, sans doute étaient-ils intimidés. Cette petite fête a aussi été une occasion de faire quelques portraits à la dérobée.
 
  Une jeune fille débordante d'un charme insolent nous a chanté, en s'accompagnant à l'accordéon, des chansons tziganes ?  avec une fougue et une conviction communicatives.  A ma grande surprise elle s'est révélée française. Ô Anaîs, la honte sur toi, tu ne réponds pas, où te caches-tu, tu nous avais promis des C.D. je comptais sur toi pour nous envoyer tes chansons et leur traduction. Nous avons quitté la fête trop tôt et notre ami Stépan trop tard, à pas d'heure, au petit matin, au grand déplaisir de sa moitié.


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